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Message du pape Benoît XVI pour le Carême de cette année.

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Message du pape Benoît XVI pour le Carême de cette année.

Message  lily le Mar 1 Mar 2011 - 13:13



Message de Benoît XVI : Le prochain Carême est sur le chemin de Damas
Le 28.02.2011 - (E.S.M.) - Dans son message pour les quarante jours de préparation à Pâques, Benoît XVI appelle tous les hommes à la conversion et à une vie nouvelle. Comme pour un nouveau baptême. Et il rédige les instructions



Message de Benoît XVI : Le prochain Carême est sur le chemin de Damas
Comme chaque année, Benoît XVI a adressé aux fidèles un Message pour le Carême tout proche, cette période de quarante jours qui prépare les chrétiens à Pâques.

Il l’a écrit avec plusieurs mois d’avance, l’a signé le 4 novembre dernier et publié le 22 février.

Le 22 février est également le jour où, à la cathédrale de Dublin, l’Église d'Irlande a célébré une liturgie pénitentielle sans précédent, avec des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres. Les évêques ont symboliquement lavé les pieds à certaines de ces victimes, comme Jésus l’avait fait avant la dernière cène.

C’est le pape en personne qui a mis l’Église d'Irlande en état de pénitence, au printemps dernier, par une lettre qui était en réalité adressée à l’Église tout entière.

C’est un point sur lequel il a également insisté dans son livre-interview "Lumière du monde" :

"On pourrait dire que le Seigneur a voulu nous mettre à l’épreuve, nous appeler à une purification plus profonde, [...] à recommencer depuis le début dans un esprit de pénitence".

En effet le terme de "purification" se trouve déjà dans le premier paragraphe du message pour le Carême à venir. Une purification qui a pour but la "vie nouvelle dans le Seigneur Jésus-Christ".

Et la partie finale du message est consacrée à la pénitence, avec une forte incitation à la pratique du jeûne.

*

Mais le cœur du message pontifical pour le Carême de cette année, c’est le baptême.

"En effet – écrit le pape – dès ses origines, l’Église a uni la Veillée Pascale et la célébration du baptême". Et depuis toujours "le Carême nous offre un parcours analogue à celui du catéchuménat".

Le concile Vatican II – rappelle le pape – a lui aussi incité à valoriser "les éléments baptismaux de la liturgie quadragésimale".

Par conséquent – poursuit-il – nous devons tous nous consacrer de nouveau à ce "lieu d’apprentissage indispensable de la foi et de la vie chrétienne" que constitue le Carême, en étant guidés par les textes de l’Évangile qui seront lus de dimanche en dimanche.

Dans le paragraphe central, reproduit ci-dessous, de son message, Benoît XVI se fait le guide de ce parcours, étape après étape, depuis le premier dimanche de Carême jusqu’à la veillée pascale. Comme il l’a du reste déjà fait plusieurs fois dans de précédentes homélies.

On en vient donc à s’interroger : pour quelles raisons le pape Joseph Ratzinger a-t-il ressenti aujourd’hui la nécessité de raviver cette signification baptismale du Carême ?

Une première réponse est liée à un choix capital de ce pape : la "nouvelle évangélisation" de ces régions du monde où le baptême n’est presque plus administré – comme dans certaines parties de son Allemagne natale elle-même – ou des régions où les baptisés sont encore nombreux mais où la foi chrétienne risque de s’éteindre.

Une seconde réponse renvoie à la finalité essentielle que le "Credo" assigne au baptême : "pour le pardon des péchés".

En un temps comme le nôtre, où la perception du péché est grandement affaiblie, Benoît XVI rappelle inlassablement les hommes à la réalité du mal et à l’unique Seigneur qui libère de son esclavage, avec le baptême et avec l'autre sacrement du pardon, le sacrement de Pénitence.

Benoît XVI propose donc également à tous ceux, nombreux, qui sont déjà baptisés, de faire du Carême qui vient une période de nouveau catéchuménat, dont le point culminant sera la veillée pascale avec le renouvellement des promesses du baptême.

Un nouveau catéchuménat pour tous, sur cette voie royale qu’est la liturgie du Carême et de la Semaine Sainte. Et qui est bien autre chose que le "Chemin" très particulier du mouvement qui a pris ce nom.

Voilà le message du pape Benoît XVI pour le Carême de cette année.

Ce que l’on ne sait pas encore, c’est dans quelle mesure les pasteurs et les fidèles le comprendront et le mettront en pratique.

Source: Sandro Magister ESM


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Re: Message du pape Benoît XVI pour le Carême de cette année.

Message  maryline le Mar 1 Mar 2011 - 14:13

Message du Pape Benoît XVI pour le Carême 2011

« Ensevelis avec le Christ lors du Baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui » (Cf. Col 2, 12)


Chers Frères et Sœurs,
Le Carême, qui nous conduit à la célébration de la Pâques très Sainte, constitue pour l’Eglise un temps liturgique vraiment précieux et important. Aussi est-ce avec plaisir que je vous adresse ce message, afin que ce Carême puisse être vécu avec toute l’ardeur nécessaire.


Dans l’attente de la rencontre définitive avec son Epoux lors de la Pâque éternelle, la Communauté ecclésiale intensifie son chemin de purification dans l’esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans le Mystère de la Rédemption, la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur (cf. Préface I de Carême).


1. Cette vie nous a déjà été transmise le jour de notre baptême lorsque, « devenus participants de la mort et de la résurrection du Christ », nous avons commencé « l'aventure joyeuse et exaltante du disciple » (Homélie en la fête du Baptême du Seigneur, 10 janvier 2010).

Dans ses épîtres, saint Paul insiste à plusieurs reprises sur la communion toute particulière avec le Fils de Dieu, qui se réalise au moment de l’immersion dans les eaux baptismales. Le fait que le Baptême soit reçu le plus souvent en bas-âge, nous indique clairement qu’il est un don de Dieu : Nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui efface le péché et nous donne de vivre notre existence avec « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2,5), est communiquée à l’homme gratuitement.

Dans sa lettre aux Philippiens, l’apôtre des Gentils nous éclaire sur le sens de la transformation qui s’effectue par la participation à la mort et à la résurrection du Christ, en nous indiquant le but poursuivi : « le connaître lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts » (Ph 3,10-11).

Le baptême n’est donc pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l’existence toute entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l’appelle à une conversion sincère, mue et soutenue par la grâce, lui permettant ainsi de parvenir à la stature adulte du Christ.

Un lien spécifique unit le baptême au Carême en tant que période favorable pour expérimenter la grâce qui sauve. Les Pères du concile Vatican II ont lancé un appel à tous les pasteurs de l’Eglise pour que soient « employés plus abondamment les éléments baptismaux de la liturgie quadragésimale » (Const. Sacrosanctum Concilium, 109).

En effet, dès ses origines, l’Eglise a uni la Veillée pascale et la célébration du baptême : dans ce sacrement s’accomplit le grand mystère où l’homme meurt au péché, devient participant de la vie nouvelle dans le Christ ressuscité, et reçoit ce même Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (cf. Rm 8,11 : « Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts vivifiera aussi vos corps mortels, à cause de son Esprit qui habite en vous. »).

Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le Carême nous offre un parcours analogue à celui du catéchuménat qui, pour les chrétiens de l’Eglise primitive comme pour ceux d’aujourd’hui, est un lieu d’apprentissage indispensable de foi et de vie chrétienne : ils vivent vraiment leur Baptême comme un acte décisif pour toute leur existence.


2. Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur – qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l’année liturgique –, qu’est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n’est de nous laisser guider par la Parole de Dieu ?

C’est pourquoi l’Eglise, à travers les textes évangéliques proclamés lors des dimanches de Carême, nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur, nous faisant parcourir à nouveau les étapes de l’initiation chrétienne : pour les catéchumènes en vue de recevoir le sacrement de la nouvelle naissance ; pour ceux qui sont déjà baptisés, en vue d’opérer de nouveaux pas décisifs à la suite du Christ, dans un don plus plénier.

Le premier dimanche de l’itinéraire quadragésimal
éclaire notre condition terrestre. Le combat victorieux de Jésus sur les tentations qui inaugure le temps de sa mission, est un appel à prendre conscience de notre fragilité pour accueillir la grâce qui nous libère du péché et nous fortifie d’une façon nouvelle dans le Christ, chemin, vérité et vie (cf. Ordo Initiationis Christianae Adultorum, n. 25).
C’est une invitation pressante à nous rappeler, à l’exemple du Christ et en union avec lui, que la foi chrétienne implique une lutte contre les « puissances de ce monde de ténèbres » (Ep 6,12) où le démon est à l’œuvre et ne cesse, même de nos jours, de tenter tout homme qui veut s’approcher du Seigneur : le Christ sort vainqueur de cette lutte, également pour ouvrir notre coeur à l’espérance et nous conduire à la victoire sur les séductions du mal.


L’évangile de la Transfiguration du Seigneur
nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et annonce la divinisation de l’homme. La communauté chrétienne découvre qu’à la suite des apôtres Pierre, Jacques et Jean, elle est conduite « dans un lieu à part, sur une haute montagne » (Mt 17,1) afin d’accueillir d’une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la grâce de Dieu : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le » (v.5).

Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu : Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal (cf. He 4,12 : « Car la parole de Dieu est vivante, et efficace, et plus acérée qu'aucune épée à deux tranchants, et pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles, et juge des pensées et des réflexions du cœur. ») et affermit notre volonté de suivre le Seigneur. « Donne-moi à boire » (Jn 4,7).

Cette demande de Jésus à la Samaritaine, qui nous est rapportée dans la liturgie du troisième dimanche, exprime la passion de Dieu pour tout homme et veut susciter en notre coeur le désir du don de « l’eau jaillissant en vie éternelle » (v.14) : C’est le don de l’Esprit Saint qui fait des chrétiens de « vrais adorateurs », capables de prier le Père « en esprit et en vérité » (v.23).
Seule cette eau peut assouvir notre soif de bien, de vérité et de beauté! Seule cette eau, qui nous est donnée par le Fils, peut irriguer les déserts de l’âme inquiète et insatisfaite « tant qu’elle ne repose en Dieu », selon la célèbre expression de saint Augustin.

Le dimanche de l’aveugle-né nous présente le Christ comme la lumière du monde.
L’Evangile interpelle chacun de nous : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » « Oui, je crois Seigneur! » (Jn 9, 35-38), répond joyeusement l’aveugle-né qui parle au nom de tout croyant. Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur. Le Christ illumine toutes les ténèbres de la vie et donne à l’homme de vivre en « enfant de lumière ».


Lorsque l’évangile du cinquième dimanche proclame la résurrection de Lazare, nous nous trouvons face au mystère ultime de notre existence: « Je suis la résurrection et la vie... le crois-tu ? » (Jn 11, 25-26). A la suite de Marthe, le temps est venu pour la communauté chrétienne de placer, à nouveau et en conscience, toute son espérance en Jésus de Nazareth : « Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde » (v.27). La communion avec le Christ, en cette vie, nous prépare à franchir l’obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui.


La foi en la résurrection des morts et l’espérance en la vie éternelle ouvrent notre intelligence au sens ultime de notre existence : Dieu a créé l’homme pour la résurrection et la vie ; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l’histoire humaine, à l’existence personnelle, à la vie sociale, à la culture, à la politique, à l’économie. Privé de la lumière de la foi, l’univers entier périt, prisonnier d’un sépulcre sans avenir ni espérance.


Le parcours du Carême trouve son achèvement dans le Triduum pascal,

plus particulièrement dans la grande vigile de la Nuit sainte : en renouvelant les promesses du Baptême, nous proclamons à nouveau que le Christ est le Seigneur de notre vie, de cette vie que Dieu nous a donnée lorsque nous sommes re-nés « de l’eau et de l’Esprit Saint », et nous réaffirmons notre ferme propos de correspondre à l’action de la grâce pour être ses disciples.

3. Notre immersion dans la mort et la résurrection du Christ, par le sacrement du Baptême, nous pousse chaque jour à libérer notre coeur du poids des choses matérielles, du lien égoïste avec la « terre », qui nous appauvrit et nous empêche d’être disponibles et accueillants à Dieu et au prochain. Dans le Christ, Dieu s’est révélé Amour (cf. 1 Jn 4,7-10 : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime point, n'a point connu Dieu ; car Dieu est amour. En ceci l'amour de Dieu a été manifesté en nous, c'est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. En ceci est l'amour, non en ce que nous avons aimé Dieu, mais que lui nous a aimés, et qu'il a envoyé son Fils comme propitiation pour nos péchés. »).

La Croix du Christ, le « langage de la Croix » manifeste la puissance salvifique de Dieu
(cf. 1 Cor 1,18 : « Car la parole de la croix est une folie à ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est la puissance de Dieu. ») qui se donne pour relever l’homme et le conduire au salut : il s’agit de la forme la plus radicale de l’amour (cf. Enc. Deus caritas est,12).
Par la pratique traditionnelle du jeûne, de l’aumône et de la prière,[/u]
signes de notre volonté de conversion, le Carême nous apprend à vivre de façon toujours plus radicale l’amour du Christ.

Le jeûne, qui peut avoir des motivations diverses, a pour le chrétien une signification profondément religieuse : en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour ; en acceptant la privation de quelque chose – qui ne soit pas seulement du superflu –, nous apprenons à détourner notre regard de notre « moi » pour découvrir Quelqu’un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères. Pour le chrétien, la pratique du jeûne n’a rien d’intimiste, mais ouvre tellement à Dieu et à la détresse des hommes ; elle fait en sorte que l’amour pour Dieu devienne aussi amour pour le prochain (cf. Mc 12,31 : «Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. II n'y a point d'autre commandement plus grand que ceux-ci. »).


Sur notre chemin, nous nous heurtons également à la tentation de la possession, de l’amour de l’argent, qui s’oppose à la primauté de Dieu dans notre vie. L’avidité de la possession engendre la violence, la prévarication et la mort ; c’est pour cela que l’Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l’aumône, c’est à dire au partage. L’idolâtrie des biens, au contraire, non seulement nous sépare des autres mais vide la personne humaine en la laissant

malheureuse, en lui mentant et en la trompant sans réaliser ce qu’elle lui promet, puisqu’elle substitue les biens matériels à Dieu, l’unique source de vie.


Comment pourrions nous donc comprendre la bonté paternelle de Dieu si notre coeur est plein de lui-même et de nos projets qui donnent l’illusion de pouvoir assurer notre avenir ?

La tentation consiste à penser comme le riche de la parabole : « Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années... ». Nous savons ce que répond le Seigneur : « Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme... » (Lc 19,19-20).

La pratique de l’aumône nous ramène à la primauté de Dieu et à l’attention envers l’autre, elle nous fait découvrir à nouveau la bonté du Père et recevoir sa miséricorde.


Pendant toute la période du Carême, l’Eglise nous offre avec grande abondance la Parole de Dieu. En la méditant et en l’intériorisant pour l’incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l’écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre coeur, nourrit le chemin de foi que nous avons commencé le jour de notre baptême.


La prière

nous permet également d’entrer dans une nouvelle perception du temps : Sans la perspective de l’éternité et de la transcendance, en effet, le temps n’est qu’une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses « paroles ne passeront pas » (Mc 13,31), pour entrer en cette communion intime avec Lui « que personne ne pourra nous enlever » (cf. Jn 16,22), qui nous ouvre à l’espérance qui ne déçoit pas, à la vie éternelle.


En résumé, le parcours du Carême, où nous sommes invités à contempler le mystère de la Croix, consiste à nous rendre « conformes au Christ dans sa mort » (Ph 3,10), pour opérer une profonde conversion de notre vie : nous laisser transformer par l’action de l’Esprit Saint, comme saint Paul sur le chemin de Damas ; mener fermement notre existence selon la volonté de Dieu ; nous libérer de notre égoïsme en dépassant l’instinct de domination des autres et en nous ouvrant à la charité du Christ. La période du Carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la grâce rénovatrice du sacrement de pénitence et marcher résolument vers le Christ.


Chers Frères et Sœurs, par la rencontre personnelle avec notre Rédempteur et par la pratique du jeûne, de l’aumône et de la prière, le chemin de conversion vers Pâques nous conduit à découvrir d’une façon nouvelle notre Baptême. Accueillons à nouveau, en ce temps de Carême, la grâce que Dieu nous a donnée au moment de notre baptême, afin qu’elle illumine et guide toutes nos actions. Ce que ce sacrement signifie et réalise, nous sommes appelés à le vivre jour après jour, en suivant le Christ avec toujours plus de générosité et d’authenticité. En ce cheminement, nous nous confions à la Vierge Marie qui a enfanté le Verbe de Dieu dans sa foi et dans sa chair, pour nous plonger comme Elle
dans la mort et la résurrection de son Fils Jésus et avoir la vie éternelle.


Du Vatican, le 4 novembre 2010

BENEDICTUS PP XVI




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Message du pape pour le carême 2011

Message  Invité le Mar 8 Mar 2011 - 15:05

ROME, Mercredi 23 février 2011 - Le « don gratuit » du baptême doit « être constamment ravivé en chacun de nous », déclare Benoît XVI, car le carême constitue un parcours de « libération du cœur » pour « vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l´amour ».



Le pape Benoît XVI propose un itinéraire de carême 2011 centré sur le sens du baptême comme rencontre avec le Christ. « Par la rencontre personnelle avec notre Rédempteur et par la pratique du jeûne, de l´aumône et de la prière, le chemin de conversion vers Pâques nous conduit à découvrir d´une façon nouvelle notre Baptême », écrit le pape dans ce message présenté hier matin au Vatican et en date du 4 novembre, sur le thème : « Ensevelis avec le Christ lors du Baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui » (cf. Col 2, 12).


Le pape recommande tout d´abord de se laisser guider par la Parole de Dieu, en commentant l´évangile de chaque dimanche de carême : « Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur - qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l´année liturgique -, qu´est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n´est de nous laisser guider par la Parole de Dieu ? »


Le carême fait en effet « parcourir à nouveau les étapes de l´initiation chrétienne : pour les catéchumènes en vue de recevoir le sacrement de la nouvelle naissance ; pour ceux qui sont déjà baptisés, en vue d´opérer de nouveaux pas décisifs à la suite du Christ, dans un don plus plénier », explique le pape.


Au bout du chemin, la veillée pascale, « la Grande Vigile de la Nuit Sainte » dont le pape souligne le sens : « En renouvelant les promesses du Baptême, nous proclamons à nouveau que le Christ est le Seigneur de notre vie, de cette vie que Dieu nous a donnée lorsque nous sommes re-nés «de l´eau et de l´Esprit Saint», et nous réaffirmons notre ferme propos de correspondre à l´action de la Grâce pour être ses disciples ».


Le pape souligne que le baptême est une force pour tous les jours : « Notre immersion dans la mort et la résurrection du Christ, par le sacrement du Baptême, nous pousse chaque jour à libérer notre cœur du poids des choses matérielles, du lien égoïste avec la «terre», qui nous appauvrit et nous empêche d´être disponibles et accueillants à Dieu et au prochain ».


Voilà le but de « la pratique traditionnelle du jeûne, de l´aumône et de la prière, signes de notre volonté de conversion », pour « vivre de façon toujours plus radicale l´amour du Christ ».


Voilà le sens du jeûne : « En acceptant la privation de quelque chose - qui ne soit pas seulement du superflu -, nous apprenons à détourner notre regard de notre «moi» pour découvrir Quelqu´un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères ».


A propos de l´aumône, le pape évoque la « tentation de la possession, de l´amour de l´argent, qui s´oppose à la primauté de Dieu dans notre vie », car « l´avidité de la possession engendre la violence, la prévarication et la mort ; c´est pour cela que l´Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l´aumône, c´est à dire au partage ».


Benoît XVI encourage la prière comme intériorisation de la Parole de Dieu : « En la méditant et en l´intériorisant pour l´incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l´écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre cœur, nourrit le chemin de foi que nous avons commencé le jour de notre Baptême ».


« La prière nous permet également d´entrer dans une nouvelle perception du temps, fait observer le pape : sans la perspective de l´éternité et de la transcendance, en effet, le temps n´est qu´une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses «paroles ne passeront pas» (Mc 13, 31), pour entrer en cette communion intime avec Lui «que personne ne pourra nous enlever» (cf. Jn 16,22), qui nous ouvre à l´espérance qui ne déçoit pas, à la vie éternelle ».


Pour le pape, la « profonde conversion » du carême c´est de « nous laisser transformer par l´action de l´Esprit Saint, comme saint Paul sur le chemin de Damas ; mener fermement notre existence selon la volonté de Dieu ; nous libérer de notre égoïsme en dépassant l´instinct de domination des autres et en nous ouvrant à la charité du Christ. La période du Carême est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la Grâce rénovatrice du Sacrement de Pénitence et marcher résolument vers le Christ ».

Anita S. Bourdin


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