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Pardon, pardonner, demander pardon : pourquoi, comment ?

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Pardon, pardonner, demander pardon : pourquoi, comment ?

Message  maryline le Lun 17 Mai 2010 - 12:06


Prenons ce chemin d'amour, chemin de pardon en visionnant ce beau DIAPORAMA : La force de pardonner




Pardonner : un acte
libérateur
Tu ressens une colère dont tu
ne peux pas te débarrasser, tu es stressé, énervé ? Est-ce que
tu t'es déjà demandé si tu avais à pardonner quelqu'un ?
Ou
même à te faire pardonner ? C'est la réponse qu'avancent de nombreux
sociologues et psychologues contemporains à nombre de nos maux.

Selon certains psychologues, il y aurait 2 fois moins de monde en
hôpital psychiatrique si les gens se savaient pardonnés. Le
pardon, celui qu'on donne et celui qu'on reçoit, est au cœur de la santé
mentale de l'homme.


Au Canada
, les
protestants ont proposé que, lors d'un procès en justice, l'offenseur
rencontre la victime et qu'il y ait un échange entre eux jusqu'au moment
où ils pourraient en arriver au pardon. Voici un exemple : un chauffard
avait tué le fils d'une femme; le pasteur a demandé au juge qu'avant
la sentence soit organisée une rencontre entre le conducteur et cette
dame endeuillée de son fils. La mère a accepté de voir le chauffard.
Cela s'est fait de manière très graduelle, tout d'abord à travers des
vidéo-cassettes et un jour, dans une même salle, cette mère de famille
éplorée a rencontré le chauffard. Lorsque l'homme a compris la peine
qu'il avait causée à cette femme, il a fondu en larmes. La mère a été
prise de sympathie pour cet offenseur et elle a demandé qu'on réduise la
sentence, ce qui a été accordé par le juge.

Imaginez
ce qui arriverait si, dans notre système judiciaire, on arrivait à
introduire le pardon.
Punir seulement les personnes ne les
guérit pas, ne les aide pas à se réhabiliter, ni ne les aide à revenir
dans la société. Souvent les prisonniers à leur sortie du pénitencier
sont ulcérés et prêts à récidiver.

Aux Etats-Unis,
un groupe de chercheurs a découvert qu'une « éducation du
pardon »
pouvait aider des étudiants qui avaient manqué
d'attention et d'amour de la part de leurs parents et qui en souffraient
psychologiquement. La valeur de soi, l'espoir, augmentaient,
alors que diminuait leur anxiété.


En Afrique
du Sud,
il y a eu une commission "Vérité et
Réconciliation"
devant laquelle environ 15.000 victimes se sont
présentées devant leurs bourreaux pour parler des injustices et des
tortures qu'elles avaient subies. Plus de 5.000 tortionnaires étaient
présents. Ils ont admis leurs crimes et ont été amnistiés. C'est la
première fois dans l'Histoire que le pardon a été établi à un niveau
national. Il y a là quelque chose d'extraordinaire. C'était l'évêque
Desmond Tutu qui était derrière cette initiative. Il est
convaincu que si on ne se pardonne pas, on va se détruire mutuellement
et c'en sera la fin de l'existence humaine.


Le
pardon devrait être l'acte par excellence du chrétien, à cause de
l'insistance avec laquelle le Christ en a parlé.
Dans d'autres
religions, on va parler de pardon, mais jamais avec un tel radicalisme.
Lorsque Pierre a demandé à Jésus : "est-ce qu'on doit pardonner jusqu'à
sept fois ?", Jésus ne dit pas sept fois mais soixante-dix fois sept
fois (Evangile de Matthieu ch. 18 v. 21-22). Est-ce que ça veut dire
qu'il faudrait calculer 490 fois ? Non. Jésus n'avait pas en vue une
comptabilité précise. Par ce chiffre symbolique, il voulait nous inviter
à développer une attitude de pardon continuelle, qu'on
en arrive à ce que ce soit notre première réaction devant une blessure,
une offense qui nous a été faite.
Les effets du non-pardon
Quelles sont nos options si nous ne pardonnons pas ?

La
première option qui se présente, c'est la vengeance. La vengeance
est quelque chose de très naturel car elle vient d'une sorte
d'instinct de justice.
Tu m'as fait mal ; je vais te faire mal
de la même façon. Les Juifs ont voulu qu'il y ait une sorte de modération
dans la vengeance
et ils ont créé la loi du talion
: oeil pour oeil, dent pour dent. Si tu me crèves un oeil, je vais
devoir te crever un oeil, mais je n'irai pas plus loin. C'est la loi des
équivalences pour ne pas aller dans l'exagération de la vengeance.
Le danger de
la vengeance, c'est la spirale de violence qu'elle
engendre. On se demande pourquoi certains peuples se battent depuis
parfois des siècles. La réalité c'est qu'un peuple a attaqué un autre et
l'a humilié. Il existe alors ce qu'on appelle une mémoire collective.
On se raconte de génération en génération les outrages faits par les
"ennemis" et l'on entretient la haine. Parfois même
l'identité nationale est basée sur les tortures, les humiliations, les
guerres qui ont été faites.

Il y a des personnes qui disent "
je ne me vengerai pas, mais je n'oublierai jamais !". Elles développent
en elles une sorte de ressentiment. Ressentir, c'est
sentir deux fois. Elles se rappellent l'offense et elles sentent toute
l'agressivité qu'elles ont dans leur intérieur. Certains peuvent
entretenir une rancune pendant plusieurs années. Mais sous
couvert d'être plus acceptable cette attitude n'est qu'un autre type de
vengeance
: une vengeance passive, dont on parle peu. Souvent
en effet, quand on parle de vengeance, on pense à quelque chose d'actif :
faire mal à l'autre. Mais arrêter de faire en sorte que les autres
soient heureux, arrêter de créer de la vie, c'est une manière de se
venger des autres.

Si l'on ne pardonne pas et si l'on
maintient en soi un ressentiment, on vit un stress continuel.

Le ressentiment, c'est le pire sentiment que vous pouvez vivre. Il peut
être à l'origine de l'hypertension, de l'arthrite et même de certains
cancers. C'est tellement vrai qu'il y a une clinique de cancérologie aux
Etats-Unis où les médecins se sont aperçus que les traitements de
chimiothérapie ne marchaient pas, parce que les malades concernés
avaient de la rancœur. Donc, avant de faire la chimiothérapie, ils
demandèrent aux malades de pardonner.
Et ça marchait mieux,
pour ceux qui acceptaient !

Beaucoup de dépressions
viennent aussi de l'amertume. La blessure a été enfouie ; on croit être
passé par dessus. Mais on a un mal de vivre dont on ne connaît pas la
cause. On ne sait plus vivre le présent et l'on n'a plus de projets
d'avenir. En réalité, ce qui ne va pas, c'est notre blessure non
guérie : inconsciemment, notre perception du monde passe toujours par
cette blessure.
Les
professionnels qui travaillent sur le pardon se sont aperçus que les personnes
blessées qui n'ont pu pardonner
sont parfois des personnes
"fragmentées"
. Qu'est-ce que ça signifie ? Lorsque quelqu'un
agresse de façon violente une autre personne, cette dernière a très peur
(comme dans un viol par exemple). À ce moment-là, il peut se produire
un phénomène très curieux qu'on appelle l'identification à
l'agresseur
. Par ce qui semble être une tentative de survie,
lorsqu'une personne a été blessée profondément, elle peut en arriver à
s'identifier à l'agresseur. C'est comme s'il "entrait" en elle en
quelque sorte. La personne se sent contaminée par l'agresseur, se
perçoit comme lui (sale, violent, nul...). Elle devient double, victime
et bourreau et continue de s'agresser intérieurement. Lorsqu'elle est
fatiguée de s'agresser, elle peut devenir à son tour agresseur d'autres.
On a remarqué que les personnes qui violent ou battent des jeunes ont
souvent été abusées, elles aussi, dans leur enfance, et elles vont faire
sur d'autres ce qu'on leur a fait.

Toutes ces choses
(vengeance, ressentiment, dépression...) arrivent lorsqu'on ne fait pas
face à notre blessure et qu'on ne la traite pas par le pardon.

Mais ce sont des impasses, pas des passages obligés ! Le travail qu'on a
à faire c'est d'aller chercher l'agression enfouie en nous, de la
guérir et de la transformer. Toi, que vis-tu ? Es-tu heureux(se) ? Ce
que le pardon n'est pas


Il est crucial
de savoir ce qu'est ou n'est pas le pardon. Il y a tellement d'erreurs
ou d'ignorance propagées sur cette question que plusieurs
personnes se privent de pardonner ou sont empêchées de donner le pardon
parce qu'elles ne comprennent pas sa véritable nature
.
*
Le pardon n'est pas l'oubli.


Souvent
les gens disent : "Allez, trace un trait, tourne la page, dans peu de
temps tu ne t'en souviendras plus. Ce n'est pas si important. Laisse
tomber.". Les professionnels de la psychothérapie savent combien on
n'oublie jamais
. Les blessures dites "oubliées" ont été enfouies
dans l'inconscient
et elles continuent de travailler les
personnes. On est obligé de les faire émerger à nouveau pour être
capable de les traiter. Le pardon ne veut pas dire oublier, mais notre
mémoire émotionnelle va se cicatriser
. On va se souvenir de
l'événement et l'on n'aura plus de ressentiment intérieur. C'est un peu
comme une cicatrice dans la chair. Quand on touche une cicatrice, elle
ne fait plus mal. C'est ce qui arrive lorsqu'on pardonne : on ne souffre
plus. Christ est ressuscité avec la marque des clous dans ses mains. Il
ne souffre plus, mais son corps a été marqué à jamais.

* Le pardon n'est pas seulement un acte de la volonté.

On entend aussi souvent
dire : "si tu n'es pas rancunier, tu lui pardonneras tout de suite". Les
chrétiens, qui veulent bien faire, croient souvent que cela doit se
passer ainsi. Ils culpabilisent quand ils ressentent encore de
la colère ou culpabilisent les autres qui ne pardonnent pas
instantanément.
Mais le pardon n'est pas un acte héroïque de la
volonté dans lequel on bride ses émotions. Il engage tout notre
être, demande toutes nos facultés
: cœur, intelligence, et même
notre physiologie. Vouloir brûler les étapes de la gestion des
émotions et de la guérison, c'est recoudre une plaie infectée.

Elle finira par développer du pus. Il faut prendre le temps
nécessaire
pour pardonner, il ne faut pas brusquer ce qui se
passe en nous. Il faut prendre le temps de guérir.

La colère
est une émotion saine que Dieu nous a donnée pour être capables de
défendre notre intégrité. Ce n'est pas un péché ; c'est la haine qui en
est un. Ressentir sa colère fait partie d'une démarche de
pardon.
La plupart des gens ont peur de passer à l'acte s'ils
laissent monter en eux des désirs de vengeance, c'est-à-dire de justice
:" je souhaiterais que tu aies mal comme tu m'as fait mal". Mais il
y a une grande distinction entre des désirs, des souhaits de justice
que la colère manifeste, et passer à l'acte, c'est-à-dire se faire
justice soi-même.
Il faut prendre une décision dans sa vie,
celle de ne pas se venger. Se venger est inutile et dévastateur mais nos
goûts de justice, il faut les accueillir intérieurement. Sinon la
guérison est impossible. Tant que votre pardon n'arrive pas à une sorte
de paix intérieure, de paix émotionnelle, le pardon n'est pas complet.
Dans le pardon intégral, il y a un élément de guérison.

* Le pardon ne signifie pas
excuser.


Excuser, cela
veut dire qu'on ne tient pas l'offenseur pour responsable de ses actes.

Quelqu'un qui nous fait mal involontairement, sans le savoir, n'a pas à
nous demander pardon, mais doit nous présenter ses excuses. Mais s'il
nous blesse volontairement, il a voulu nous faire mal. Il n'est pas
question de l'excuser. On a tendance à excuser l'offenseur en lui
trouvant des circonstances atténuantes. On explique son geste ou ses
paroles par la connaissance de sa vie. Mais une faute n'est pas
excusable, quand bien même on peut l'expliquer. Une faute nécessite le
pardon.
Dieu se présente à Moïse comme celui qui est
miséricordieux, celui qui pardonne, mais qui ne tient pas le coupable
pour innocent (Exode ch. 34 v. 5-7).

* Le pardon n'est pas synonyme de
réconciliation.


Encore une fausse
idée ! S'il y a nécessité du pardon, c'est qu'il y a faute,
c'est-à-dire rupture de la relation. Or qu'est-ce qui établit et
maintient une relation ? La confiance mutuelle. Si la confiance
est trahie, elle ne peut revenir par simple décision de la volonté.

La confiance se gagne, se mérite, se construit, en
l'occurrence doit se reconstruire. Deux amis qui se blessent sévèrement
ne peuvent pas décider que tout va continuer comme avant, d'un
claquement de doigt. Réconciliation et pardon ne sont pas
identiques.
La réconciliation est une suite du pardon, à
souhaiter
, mais ce n'est pas systématique. À la suite d'une
blessure, il faut décider : est-ce que je continue cette relation ?
Est-ce que je peux l'approfondir ? Sinon, elle s'arrêtera, tout
simplement.

"S'il est possible, autant que cela dépend de
vous, soyez en paix avec tous les hommes", nous dit l'apôtre Paul
(Epître aux Romains ch. 12 v. 18). La paix, c'est ne pas se
venger
(activement ou passivement, cf. Ier article), mais ce
n'est pas forcément une amitié.
Les hommes souhaitent la paix
sur la terre entre les peuples. On entend parler de réconciliation, mais
personne ne parle de pardon. Si jamais quelqu'un de courageux ose
mentionner le pardon, il en est beaucoup qui l'en empêchent, disant :
"tais-toi, ne réveille pas le passé !". Mais les hommes ne
parviendront jamais à la réconciliation tant qu'ils ne passeront pas par
le pardon et la reconnaissance des souffrances qu'ils se sont infligés
les uns aux autres
. Il faut que la vérité soit dite. On
ne peut pas taire la vérité et vouloir se réconcilier.
La
réconciliation implique le pardon qui implique la vérité parlée.

* Le pardon
ne s'impose pas.

Le pardon
est un acte d'amour : "par don". La personne qui
pardonne doit demeurer libre de son choix. Obliger
quelqu'un à nous pardonner, c'est lui dire : "je veux que tu m'aimes
malgré les vacheries que je t'ai faites.". On peut le souhaiter. On ne
peut contraindre l'autre à le faire. Sinon ce n'est plus un pardon. On
peut commander à quelqu'un des gestes extérieurs, mais on ne peut pas
commander l'attitude intérieure. On peut juste l'inspirer
par son exemple, on peut la demander (je te demande
pardon), mais on ne peut pas l'exiger. Quand le Christ
nous demande de nous pardonner, c'est une invitation. C'est comme s'il
disait : "Si tu veux être mon disciple, si tu veux être le fils ou la
fille du Père, voici comment mon Père fait, voici ses mœurs.". Il nous
invite à l'imiter, par amour. "Pardonne-nous nos offenses comme nous
pardonnons à ceux qui nous ont offensés " veut dire : "Apprends-nous à
pardonner comme toi, tu pardonnes". 95% des chrétiens qui récitent le
Notre Père ont l'impression que s'ils pardonnent, Dieu va leur
pardonner, alors que c'est l'inverse. C'est plutôt : "Pardonne-nous afin
que nous qui sommes en train de pardonner, nous en ayons la force".
L'amour de Dieu est premier. Celui qui a connu le pardon de Dieu
pour lui, sait pardonner aux autres.


* Le pardon n'est
pas une démission de ses droits.


Le
pardon ne vient pas éliminer la justice.
Un voleur pardonné
n'est pas dispensé de rendre son bien à autrui. Le pardon n'enlève
pas non plus les conséquences
d'un acte ou d'une parole
malheureuse. Pardonner un meurtrier ne ramène pas à la vie la victime.
Le pardon n'est pas un acte de justice. C'est une démarche
d'amour
pour la réhabilitation de l'offenseur, de son être.
C'est le dissocier du mal qui l'habite et qui l'a conduit à mal agir, et
ne pas le condamner avec. À la croix, Dieu a condamné le péché qui nous
habite. Il a rendu justice. Mais il ne nous a pas condamnés avec.

* Le pardon ne change pas
l'autre.


Quand on pardonne,
quelque chose d'extraordinaire se passe, qui fait qu'éventuellement
l'offenseur peut prendre conscience de sa conduite et changer de
comportement et d'attitude intérieure. Mais on n'a pas de
pouvoir sur l'autre
. On a le pouvoir sur nous,
le pouvoir de nous guérir et celui de nous libérer, d'avoir la paix et
le pouvoir de prier pour l'autre personne. Mais il ne faut pas
pardonner en pensant que c'est ce qui va faire changer l'autre.

Comment
pardonner ?
Pardonner, c'est, selon le
dictionnaire, tenir une offense pour non avenue, renoncer à
tirer vengeance
. Voici 5 étapes claires qui décrivent la
démarche à faire pour pardonner vraiment. Tout le monde peut pardonner,
mais le croyant reconnaît qu'il y a deux éléments dans le pardon : une
part humaine et un don de Dieu
. Il va arriver un moment dans
la démarche de pardon, où quels que soient nos efforts humains, le
pardon va nous venir de Dieu. C'est particulièrement vrai pour les
blessures graves et profondes. On a besoin de Dieu. Dieu est toujours
prêt à nous pardonner et toujours prêt à nous donner son amour
inconditionnel. La difficulté ne vient pas de Dieu, mais elle vient de
notre part, de notre incapacité à nous laisser aimer. Comment va-t-on
ouvrir notre cœur pour recevoir le pardon de Dieu ? * 1ère étape :
prendre la bonne décision.



Le pardon ne
va pas venir seul. Il faut décider de ne pas prendre le chemin
de la vengeance
pour régler une situation d'injures, de
blessures, de trahison. C'est très important que cette décision soit
prise avant que l'offense arrive. Lorsque le mal arrive, si cette
décision n'est pas prise, vous allez penser immédiatement à vous venger
et vous allez passer à l'acte.

Il est aussi très important d'essayer
de faire cesser l'offense
. Le pardon est difficile et ne tient
pas longtemps tant qu'une personne perpétue son offense sur nous. Il
faut décider de discuter avec cette personne pour lui demander
de cesser de nous blesser
. Cela demande du courage. Souvent
certains cachent leur manque de courage derrière la belle façade d'un
pardon donné gratuitement. Mais la vérité est que la plupart des gens ne
peuvent réellement pardonner dans les conditions d'une offense
continuelle. Ils étouffent leurs sentiments parce que ça leur est plus
confortable. Faire savoir qu'on est blessé ne veut pas dire se
mettre en colère contre l'autre.
Jésus-Christ nous montre
comment pratiquer la non-violence pour faire face à une injustice qui
nous est faite.

* 2ème étape : reconnaître qu'on a été blessé.

Lorsqu'on a souffert d'une injustice, d'une trahison, lorsqu'on a
été insulté, on a parfois tendance à vouloir tout d'abord excuser
l'autre, à vouloir oublier ou minimiser la faute. Parfois c'est même
l'offensé qui se sent coupable (dans les cas d'abus sexuels d'enfants,
ce sont les enfants qui se sentent souvent coupables). Il faut redresser
cette situation-là et rentrer en contact avec sa blessure
intérieure
. Ce n'est pas facile. Nous avons des mécanismes de
défense qui nous empêchent de vouloir trop souffrir. On a peur aussi de
rencontrer notre colère. On fait toutes sortes de manœuvres pour ne pas
entrer en contact avec nos émotions. On essaye d'excuser l'autre, on va
lui pardonner rapidement, beaucoup trop rapidement. Beaucoup de gens
pardonnent trop vite sans respecter ce qui se passe à l'intérieur
d'eux-mêmes. Mais s'il n'y a pas une purgation des différentes émotions
(douleur, tristesse, colère, frustration), on ne guérira pas. Pardonner
demande du courage.

Reconnaître qu'on a été blessé veut aussi
dire identifier ce qui a été touché en nous. Ce n'est
pas jouer à la victime et se lamenter sur soi-même d'une façon générale.
C'est important de savoir exactement ce qu'on a perdu, par rapport à
nous et également par rapport à l'autre. Dans tout pardon, il y a
un "deuil" à faire par rapport aux attentes que l'on avait vis-à-vis de
quelqu'un.
Quand on peut ainsi repérer ce qui a été touché en
nous (notre honnêteté, notre fidélité, notre compétence...), notre
agressivité commence à fondre parce qu'on pensait auparavant que c'était
toute notre personnalité qui avait été atteinte.

* 3ème étape :
dire sa souffrance.


Il faut extérioriser
sa douleur pour pouvoir en faire quelque chose, la gérer, guérir. Ecrire
dans un cahier, parler à quelqu'un de confiance nous libère du poids de
la blessure
. Attention, il ne s'agit pas de parler pour se
venger, dire du mal de l'autre. On a décidé de ne pas se venger. Il
s'agit de parler de sa souffrance et de décrire des faits, pas
d'interpréter des intentions. Il faut aussi trouver une personne assez
mûre pour écouter nos doléances sans que cette personne en vienne à
mépriser celui qui nous a fait du mal ni qu'elle aille répandre partout
la nouvelle. De cette mauvaise tendance et de la mauvaise compréhension
du processus de pardon naît notre solitude. Il y a des personnes qui
meurent de ne pas pouvoir parler de leur souffrance, ne pas être
capables de s'exprimer. Nous les chrétiens, devrions être capables
d'offrir cette écoute compatissante aux autres. Parler à
quelqu'un permet d'y voir clair en nous et d'identifier ce qui a été
touché.


*
4ème étape
: recevoir la guérison.


Le pardon total n'est pas possible si notre être intérieur n'a pas été
guéri. La plupart du temps parler à quelqu'un permet à la guérison de se
faire en nous, avec le temps. Nous avons en nous une capacité
intérieure réparatrice.
Pour le
croyant, c'est là qu'intervient Dieu. Un ami,
un psychothérapeute peuvent nous aider à cheminer vers cette 4ème étape,
mais ils ne peuvent nous guérir.
Quand la blessure est trop
profonde ou très ancienne, le moi intérieur n'a plus la force de réparer
les dégâts. Il y a besoin de Dieu. Si vous êtes croyant, si vous croyez
à l'Esprit de Jésus, vous allez être capable de demander à
l'Esprit-Saint qui est en vous de vous guérir, de vous réunifier, de
recoller les morceaux et d'estomper la douleur. C'est là une promesse de
Jésus : "L'Esprit du Seigneur l'Eternel est sur moi. Le Seigneur m'a
oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux . Il m'a envoyé pour
guérir ceux qui ont le cœur brisé..." (Evangile de Luc ch.4 v. 16-21).

*
5ème étape
: s'ouvrir au pardon.


Une fois la guérison enclenchée, on peut dire : "mon cœur est ouvert
pour recevoir le don du pardon". En effet, on ne pardonne pas aux
autres, on se laisse prendre par le pardon. Le pardon
ne nous appartient pas. Le croire fait naître en nous un sentiment de
supériorité. Le pardon n'est pas une vertu morale, c'est une vertu
théologale. Cela veut dire que c'est Dieu qui nous l'inspire,
c'est Dieu qui en est l'agent et c'est Dieu qui en est l'objet
.
C'est pour cela que lorsqu'on rentre dans une dynamique de pardon, on
met sa volonté dans les premières étapes, mais une fois rendu à cette
étape finale, il s'agit de devenir accueillant, réceptif à
l'amour de Dieu
. Cela veut-il dire que si je ne suis pas
chrétien je ne suis pas capable de vrai pardon ? Non. La grâce de Dieu
n'est pas limitée au christianisme. La grâce de Dieu vient sur toute
personne bonne dont le cœur est ouvert. Ce qui est important, c'est de
savoir qu'on ne donne pas le pardon, mais qu'on le reçoit.

Le
vrai moteur pour le pardon, c'est de se savoir aimé profondément,
inconditionnellement de Dieu.
Si vous vous sentez aimé(e)
profondément, vous allez être capable de pardonner. Quelqu'un qui ne se
sent pas aimé, peut-il aimer pleinement les autres ? Si vous avez
l'impression qu'on ne vous a rien pardonné dans votre vie, allez-vous
être capable de pardonner à d'autres ? En même temps, il n'y a rien de
plus difficile que de recevoir quelque chose d'une manière gratuite. On a
toujours l'arrière-pensée qu'il y aura quelque chose à payer. Quand
vous entrez dans le monde du pardon, vous entrez dans un monde
d'abondance, de générosité, LA générosité gratuite de Dieu. Il n'y a pas
de rationalité possible là-dedans.
* après le pardon :
que faire de la relation avec l'offenseur ?


On a
le choix. Est-ce que je me réconcilie avec la personne ou pas ? Si tu te
réconcilies avec la personne, la relation ne peut plus revenir comme
avant. Lorsqu'il y a eu une blessure entre deux personnes, le seul
chemin positif, c'est l'approfondissement de l'amour entre ces
deux personnes, décidé d'un commun accord
. Quand on peut
souffrir ensemble et accepter cette souffrance-là, il y a une sorte
d'approfondissement. Un amour qui n'a pas souffert est un amour qui
manque de profondeur. On le voit chez les couples. Toutefois, dans
certaines situations, il est mieux qu'il n'y ait pas de réconciliation
physique
, si la personne n'a pas changé par exemple, si elle
peut nous agresser, nous faire du mal.

Lepardon de Dieu
le
pardon des hommes


Le pardon de Dieu



Jé.50:20
En ces jours, en ce temps-là, dit l'Eternel, on cherchera l'iniquité
d'Israël, et elle n'existera plus, le péché de Juda, et il ne se
trouvera plus; car je pardonnerai au reste que j'aurai laissé.


Voici comment Dieu pardonne, non
seulement il ne tient plus compte du péché, mais il le fait disparaître,
la dette est effacée du tableau sur laquelle elle avait été inscrite,
on ne peut plus la voir nulle part. Jésus-Christ est venu payer la
dette, il a pris sur lui la condamnation que nous méritions pour nos
péchés, le pardon est total pour ceux qui a placé leur foi dans le
sacrifice parfait de Jésus sur la croix.


Le pardon des humains


Un
orateur chrétien a dit: «Le défi n'est pas de pardonner et d'oublier. Le
vrai honneur vient dans la capacité de pardonner tout en continuant à
se rappeler.»

Le pardon, comme plusieurs autres domaines dans
notre vie chrétienne, est un processus. Plus la blessure est profonde
plus le processus du pardon est long. Ceci ne veut pas dire que vous
avez le droit de rester amer ou en colère. Cela veut dire que plus la
blessure infligée est sérieuse, plus il faudra peut-être passer à
travers les émotions vers le but final du pardon.
Chuck
Swindoll «Improving your serve» : Disons que je sorte de votre parking
d'église dimanche prochain. Je recule mon auto dans le côté de votre
belle Mercedes 450 SEL. Crack! Vous êtes en train de parler avec des
amis après le culte et vous entendez le bruit. Votre estomac bouillonne
en me voyant sortir de l'auto, regarder les dommages et ensuite me
pencher en prière et dire: «Cher Seigneur, s'il te plaît, pardonne-moi
d'être si préoccupé et maladroit. Et s'il te plaît, donne à Jean la
grâce alors qu'il constate les dommages étendus que j'ai causé par pure
négligence. Et procure-lui les moyens alors qu'il amène sa voiture se
faire réparer. Merci, Seigneur. Amen». Alors que je m'en vais dans mon
auto, j'envoie la main et je fais un grand sourire et je crie par la
fenêtre, «Tout est arrangé, Jean. J'ai réclamé le dommage devant Dieu.
N'est-ce pas que la grâce est merveilleuse?»



Le pardon est un processus en 4
étapes.

1° Je dois
reconnaître la douleur.


2° Je dois délaisser mon droit de m'accrocher à l'amertume,
la colère et le ressentiment.


3° Je dois désirer la réconciliation.


4° Je dois lancer à l'offenseur une
invitation à rebâtir la relation à travers l'expression de l'amour
inconditionnel et de l'acceptation.


5° point: Si le coupable ne demande pas
pardon et ne se repent pas, aucun pardon n'est accordé et aucune
réconciliation n'est possible ; la relation ne peut pas reprendre même
si la victime désire pardonner de tout coeur à son offenseur comme
l'avait fait Jésus sur la croix. Rétablir la relation sans repentance de
l'agresseur c'est s'exposer à nouveau à être abusée. Jésus a
demandé à son Père de pardonner à ses bourreaux, mais il ne les a pas
pardonnés lui-même, même si le Père lui avait donné le pouvoir de
pardonner les péchés sur la terre, il n'usait de ce pouvoir seulement
envers ceux qui se repentaient. Par contre, il désirait leur salut et
intercédait en leur faveur auprès du Père que celui-ci leur accorde la
repentance et puisse jouir de son pardon. Alors la réconciliation pourra
aura lieu avec ceux qui se seront repentis et auront accepté son
pardon, avec ceux-là seuls la communion sera rétablie
. David a
été sage de s'éloigner de Saul quand celui-ci voulait le tuer, de même
la victime fera preuve de sagesse en mettant une distance entre son
abuseur non-repentant, quand bien même il s'agirait de son propre père.


Souvent les chrétiens se font exhortés à
sauter rapidement à l'étape 4, mais ils découvrent rapidement que
l'acceptation est une couverture superficielle qui cacher des sentiments
sous-jacents qui causent encore de la douleur.


Karen Burton Maines a parlé sur le sujet des «mensonges». Elle a
dit: «Les fictions que nous créons
pour nous-mêmes inhibent souvent notre croissance.»


David Seamands: «Plus on essaie de garder en dehors de notre conscience les
mauvais souvenirs, plus ils deviennent puissants. Puisqu'on ne leur
permet pas d'entrer par la porte de nos pensées directement, ils
viennent dans notre personnalité de manières déguisées et destructives.
Dans plusieurs cas, il ne peut y avoir de vraie guérison et de vraie
croissance spirituelle tant que nous n'avons pas libéré les souvenirs
douloureux et les patrons malsains qui interfèrent présentement avec nos
attitudes et notre comportement.» En niant notre douleur nous donnons
une opportunité à l'ennemi.

Le pardon est donc un cadeau que l'on se fait
surtout à soi-même, car bien souvent, l'offenseur n'est pas du tout
dérangé par notre manque de pardon, mais nous le sommes. Carl Thoresen: «Pardonner, c'est retrouver une plus
grande paix intérieure.»


John Edward Jones: «La réconciliation ne signifie pas que
nous éliminons les conséquences du péché dans la vie des gens. Elle
signifie que nous les aidons à travers les conséquences afin qu'ils
puissent être totalement guéris.»



Bravo à tous ceux qui désirent pardonner

Bravo à tous ceux qui vivent du pardon

Bravo à tous ceux qui ....vont pardonner

Vive le pardon


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